Quand j’étais étudiante, je passais mes étés enfermée dans une petite boutique d’arts et d’artisanat dans une ville moyenne de province. Un endroit charmant, mais terriblement silencieux.
Trop silencieux.
Ce jour-là, fin août, la chaleur collait à la peau. La ville tournait au ralenti. Et moi, j’étouffais derrière ce comptoir.
Alors j’écris à Lucas. Un gars du quartier rencontré un soir au bar avec qui je joue depuis des semaines. Messages tardifs. Sous-entendus assumés. Promesses jamais tenues. Jusqu’à aujourd’hui.
Il arrive vite. Deux cafés à la main. Regard accrocheur. Démarche tranquille. Mais je sens tout de suite que quelque chose est différent. Plus direct. Plus décidé.
Il s’assoit près de moi. Vraiment près. On parle. Enfin… on fait semblant. Parce que très vite, il n’y a plus que ça. Ses yeux sur moi. Ma respiration qui change.
Puis il m’embrasse. Sans prévenir. Un baiser qui impose le rythme. Qui prend de la place. Qui dit « j’ai envie de toi » et qui coupe court à tout le reste.
Son corps se rapproche. Le mien suit sans réfléchir. Sa main glisse, frotte mon vagin à travers ma lingerie. Mon souffle se bloque.
“Pas ici…” je murmure. Mais sans être un refus. Je me lève. Je ferme la caisse. Tout en laissant la porte ouverte. Comme si j’avais besoin que le danger reste là. Juste à côté.
Je l’attrape direction la réserve. Un espace minuscule. Presque ridicule. Pas de verrou. Des murs qui ne montent même pas jusqu’au plafond. Tout sauf discret.
Il sourit : “Ici…?”
Je le regarde. “Oui…”
Et là, tout bascule. Plus de distance. Plus de retenue. Ses mains trouvent mon corps avec une facilité déconcertante. Comme s’il le connaissait déjà. Comme s’il l’attendait.
Il me pénètre directement avec ses doigts, frottant mon point G à l’intérieur de mon vagin. Comme des vagues qui s’échouent sur une jetée. Je mouille directement. En continu. Mais je l’arrête. Je veux le sentir à l’intérieur de moi. Je recule jusqu’à la porte, me tourne face à elle et me penche.
Il s’exécute. Tendrement au début. Comme sa main qui serre ma hanche et l’autre mes cheveux. Le monde autour disparaît. Il ne reste que le rythme. Le contact. Cette tension qui monte, encore et encore. Je sais qu’on peut être interrompus à tout moment. Je le sais. Et c’est précisément ce qui me fait lâcher prise.
Je tente de me contenir. De rester discrète. De ne pas jouir, les mains et la tête plaqués contre la porte. Mais mon corps ne suit plus. Il réagit, il répond, il demande.
Un son m’échappe. Trop fort.
Sa main vient immédiatement contre ma bouche. Pas pour freiner. Pour contenir. Pour garder le contrôle… tout en le perdant.
Je lui mords la main. Son souffle contre mon oreille. Ma peau qui frissonne.
Tout devient plus intense. Plus rapide. Plus brut. Je le mords au rythme de ses va-et-vient. De plus en plus fort. Le temps se contracte. Plus rien n’existe en dehors de cette pièce. De cette tension que je crie étouffé dans sa main.
Puis…
Plus rien.
Le silence retombe d’un coup. Brutal. Presque irréel. On se sépare. Lentement.
Je remets ma jupe en place. Il ajuste ses vêtements. On évite de se regarder trop longtemps.
Je replace les objets déplacés. Comme si ça pouvait effacer ce qui vient de se passer.
On sort.
Calmes.
Propres.
Presque sages.
Comme deux collègues en pause.
C’était mon dernier été dans cette boutique.
Avec Lucas, on s’est écrit encore un peu. Puis plus rien.
Mais ce moment-là…
Ce mélange de tension, de risque, de désir impossible à retenir…
Ça été, jusqu’ici, la baise la plus intense de ma vie…






